Le CCTP en une ligne : l'art de dire... rien ?
En parcourant récemment un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC, pour les intimes), je suis tombée sur un cas qui mérite le détour.
Imaginez la scène : une collectivité publie un marché, avec toutes les pièces réglementaires — règlement de consultation (RC), cahier des clauses administratives particulières (CCAP), cahier des clauses techniques particulières (CCTP)… jusque-là, tout est conforme.
Mais en ouvrant le fameux CCTP, la CRC découvre… une seule ligne. Oui, une unique phrase reprenant l’objet du marché. Et c’est tout.
Autant dire qu’il ne faudra pas s’étonner si les candidats ne se bousculent pas pour répondre.
Pourquoi c'est problématique ?
Le CCTP n’est pas une formalité cosmétique. C’est l’ossature technique du marché. C’est lui qui :
-
permet à l’acheteur d’exprimer précisément son besoin, dans sa dimension la plus technique
-
fixe l’ensemble des caractéristiques du besoin, objet du marché : qualité, normes, performances, modalités de réalisation
Sans ces informations, les opérateurs économiques ne savent pas sur quel terrain jouer.
Résultat :
- soit ils s’abstiennent,
- soit ils prennent le risque de proposer une offre à côté de la plaque.
Pour finir,
À quoi bon un CCTP s’il se contente de recopier l’objet du marché ?
Autant publier une annonce sibylline du style “Cherchons prestataire compétent, faire offre”.
La commande publique n’est pas un concours de devinettes : un besoin mal défini, c’est un marché qui échoue. Et comme le rappelle la CRC, la rigueur contractuelle commence par la clarté… technique.
Au Bureau des Bourdes, on apprend des erreurs.
Voici quelques articles pour les éviter...
Comprendre les critères de sélection des offres
Les points indispensables à ne pas rater dans un règlement de la consultation
Comment demander les motifs du rejet à une collectivité locale
Et nos formations, pour devenir expert en réponse aux appels d'offres...
Rédiger un mémoire technique
Ce qu'ils en pensent...
"Grâce à cette formation, j'ai amélioré mon classement, en passant de 3ème à second d'abord. Et puis, j'ai fini par remporter des appels d'offres."
Bertrand Z., Architecte paysagiste
3 millions, une résiliation...